Le Presse Pub

Nouvelle pub Chanel N°5 : une pub, vraiment ?

Certaines pubs n’ont de la pub que le nom…et c’est justement pour cela qu’elles valent le détour.

Avec son esthétique ultra-sophistiquée, la nouvelle pub pour Chanel n°5 tient davantage du court métrage que de la pub. La grande maison de la rue Cambon s’est offert le luxe d’appeler à la réalisation Jean-Pierre Jeunet pour ce film publicitaire qui révèle sa nouvelle égérie : Audrey Tatou. On l’a vu en Coco Chanel le 22 avril, la voilà qui incarne le célébrissime parfum.

«Train de nuit»

 A bord de l’Orient-Express, Audrey Tautou rencontre un mystérieux inconnu- le mannequin Travis Davenport. S’engage alors entre eux un chassé-croisé jusqu’à ce que l’alchimie de Chanel N°5 les réunisse sur le port d’Istanbul.

Esthétiquement, la patte Jeunet est bien là. Le film – le troisième du duo Jeunet-Tautou – a le parfum d’un hommage à Amélie Poulain. Les images aux tonalités sépias et patinées donnent à ces minutes une dimension intemporelle.

Jean-Pierre Jeunet hésite lui-même à appeler « pub » son film pour lequel il n’a reçu aucune consigne. « J’ai fait des films publicitaires, 40 ou 50 mais jamais de vraies publicités. Là, ce n’est pas une publicité, c’est autre chose. J’aurais tendance à dire que c’est du mécénat, c’est un court métrage de moi financé par Chanel. Il suffisait juste que Chanel y figure. C’est le genre de choses qui n’existent plus aujourd’hui : on vous laisse écrire l’histoire, on vous laisse une totale liberté, on vous fait totalement confiance. C’était presque bizarre. »

Une super-production

L’opération de lancement a de quoi épater les professionnels du buzz. Le spot est apparu en exclusivité sur Internet le 6 mai, pour le 88 ème anniversaire du jour où le mythique parfum apparaissait dans les ventes. Pour visionner le film dans sa version originale de 2 minutes 25, la marque a crée un site dédié www.chaneln5.com.Trois autres versions du clip, de 60, 45 et 30 secondes, ont été créés pour le cinéma et la télévision. Mais pour la diffusion sur le petit écran, il faudra attendre jusqu’en décembre.

Le projet a mobilisé près de 250 personnes pendant plus de deux mois. Tourné à Paris, Limoges et Istanbul le film aurait coûté la modique somme de 23 millions d’euros, si l’on en croit un chiffre qui circule au sein des milieux de la pub ! Un budget colossal que peu de marques peuvent se permettre. Mais on n’en attendait pas moins de Chanel, qui depuis 1921 a toujours réservé un traitement de faveur à son N°5. Le monde du cinéma avait déjà fait son apparition dans les spots publicitaires du mythique parfum, signés ces dernières années par les réalisateurs et les stars les plus célèbres, de Ridley Scott et Carole Bouquet à Baz Luhrmann et Nicole Kidman.

Le film a instantanément créé l’évènement et continue d’être un buzz sur Internet. Un succès qui laisse songeur sur le secret du parfum qui se vend le plus au monde…est-ce sa combinaison exceptionnelle des fragrances…ou bien sa stratégie marketing inégalée ?

Par Annabelle Laurent

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mai 18, 2009 Posted by | A LA UNE | , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Nicolas Traube: « Le modèle de TF1 est obsolète »

Nicolas TraubeProducteur pour la télévision et le cinéma, Nicolas Traube a travaillé dans le service public comme directeur des fictions de France 2 de 1996 à 2000. Il a récemment produit Coco Chanel avec PAMPA Production. Membre de la commission Copé, il reste critique sur la réforme de l’audiovisuel public. Le marché publicitaire est bouleversé. Paradoxalement, il anticipe des difficultés pour les chaines privées généralistes. Aucune chaine privée gratuite, à l’exception de M6 n’a trouvé de modèle économique viable.

Pourquoi supprimer la publicité dans le service public?

Nicolas Traube – Il faut le demander au Président de la République. L’idée de supprimer la publicité dans le service public est une idée cohérente. Ca avait l’avantage de rendre le paysage public et privé moins belliqueux. Cette mesure devait favoriser les chaines privées. Dès lors, deux questions : Pourquoi n’a-t-on pas augmenté la redevance, ce que nous avions préconisé ? Quel est son impact sur le marché publicitaire pour les chaines privées avec une seconde coupure publicitaire ?

Quelles sont les conséquences sur les programmes proposés à la télévision?

NT – Il est trop tôt pour le dire. Mais cette suppression a révélé une seule chose : les habitudes des téléspectateurs sont beaucoup plus souples qu’on ne le pensait. Les téléspectateurs regardent sans problème à 20h35, un programme qu’ils avaient l’habitude de voir à 21H.

Comment les chaines privées s’adaptent-elles à cette réorganisation du marché publicitaire ?

NT – La suppression de la publicité sur le service public et la seconde coupure pour les chaines privées auraient pu permettre à TF1 de vivre plus heureux. Mais personne n’anticipait le bouleversement de la publicité avec l’arrivée de la crise. Rappelons que la TNT a été introduite en France contre les vœux de TF1. Le modèle de TF1 n’est pas viable malgré l’arrêt de la publicité sur le service public et la seconde coupure publicitaire accordée. Ils n’ont pas de modèle de substitution. Cette chaine est beaucoup trop chère. Chaque nouvelle émission est un échec. Les deux seules modèles viables, pour le moment, sont les chaines payantes ou les chaines financées par l’Etat. Pour « les chaines en clair », je ne sais pas si elles vont continuer à se financer par la publicité. Nous savons une chose. Les consommateurs ont envie de voir des images, mais personne ne sait comment elles seront financées. Il va falloir trouver des modèles de substitution. Le côté, nous sommes TF1, nous récoltons 50% des publicités et nous achetons les plus grandes stars et les plus grands films : ce modèle est obsolète.

Comment l’expliquez-vous?

NT – TF1 est en train de revenir aux séries de format 90 min. au lieu de 52 min. pour les fictions. Ce format ne plait qu’à un public plus âgé et qui n’intéresse pas les publicitaires. Il n’y a pas de réflexion sur les programmes pour améliorer l’offre. M6 est plus réactif. Avec « 100% mag » à 18h en Access prime time, ses dirigeants répondent mieux aux attentes des téléspectateurs. M6 peut adapter le coût de sa grille aux recettes publicitaires qui vont s’accumuler. Ils ont un modèle possible. M6 n’aime pas la fiction mais TF1 ne sait pas quelle fiction financer. Il existe des programmes qui atteignent leurs cibles publicitaires. Encore faut-il que les chaines passent les bonnes commandes aux boites de production et permettent ainsi à ces programmes d’exister. Nous, producteurs ne proposons pas les genres.  Nous répondons aux demandes des chaînes. Lorsque je suis entré à France 2 en 1996, j’ai enfin pu permettre l’arrivée l’arrivée sur notre antenne des  séries de 52 minutes que je me suis échiné, sans succès à proposer aux autres chaines, avec un net rajeunissement du public, ce qui est positif pour tout le monde.

Par Charlotte Lazimi

BIOGRAPHIE

Nicolas Traube, Abonné aux succès

1976 crée sa société de documentaires JACARANDA FILMS, coproductions internationales.

1981 rejoint HAMSTER PRODUCTIONS, produit « Le Château des Oliviers » et seconde la production des « Instits», « Navarro ».

1983-1996 est élu vice-président de l’USPA (Union Syndicale des producteurs Audiovisuels), puis Co-Président de 1983 à 1996.

1996 est appelé à la Direction de la fiction de FRANCE 2, lance les nouvelles soirées « polars» du Vendredi (P.J. Avocats et associés, Crimes en série…) les mini-séries du lundi (La bicyclette bleue, Victoire ou la douleur des femmes…), et le feuilleton quotidien « Cap des Pins »de 260 épisodes

2000 crée PAMPA PRODUCTION, produit « Princesse Marie » avec Catherine Deneuve, « Les amants du Flore » avec Anna Mouglalis et Lorant Deutsch.

2008 Février/Mai membre de la Commission pour une nouvelle télévision publique dirigée par Jean- François Copé produit « Coco chanel » avec Shirley Mclaine.

Site de la commission Copé.

février 23, 2009 Posted by | La réforme de l'audiovisuel public?, Pub & Crise | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire