Le Presse Pub

« Rien n’est vrai dans les pubs de bouffe! »

Un steak irrésistible, une glace parfaite, une magnifique bière glacée… les publicités alimentaires rendent les produits tellement attrayants qu’ils peuvent donner l’eau à la bouche au premier regard. Comment construit-on ces mirages de goût?  Rencontre avec Bruno Comtesse, photographe de publicité. Parmi ses employeurs (Bic, Les Echos, SNCF, Playstation…) figurent d’importantes sociétés de l’industrie alimentaire, telles que McDonald’s et Heineken.

Par Paolo Bosonin et Emanuele Marzari

Comment faire passer le goût à travers l’image ?

Bruno Comtesse – C’est très dur puisque la gourmandise, on n’a pas tous la même ! C’est pour ça qu’il y a des codes. Dans l’image publicitaire, et encore plus dans la bouffe, on suit des « briefs » assez précis, c’est-à-dire que les publicitaires font des tonnes de sondages avant de lancer une campagne. Le but de ces sondages est celui de comprendre les goûts du public pour faire à ce que leurs produits y correspondent. Le client a son idée d’un aliment savoureux et appétissant, il faut que la pub lui donne envie !

A travers quels outils parvient-on à une image « appétissante » ?

Le photographe s’entoure de stylistes culinaires, qui sont vraiment au point sur tous les codes. Tout est fait pour mettre en valeur le produit. Le choix de l’endroit est très important, ensuite il faut définir un style (rustique, design…). De toute façon, dès qu’on parle d’alimentation souvent tout est faux. Rien n’est vrai! La glace n’est pas de la glace, la bière non-plus, le steak est cuit au chalumeau… c’est l’extérieur qui compte ! On rajoute des choses à la bière pour la faire mousser, pour la rendre onctueuse, on mélange des blancs d’œufs… c’est aussi une question de couleur : la couleur de la bière n’est pas forcément celle qu’on a en tête. Je me rappelle avoir fait une campagne de glaces et c’était de la pâte à modeler…

Mais n’est-ce pas un mensonge ?

La publicité n’est pas un reportage sur la bouffe !  La pub représente toujours le mieux possible, mais je pense qu’un gars qui achète une glace au supermarché ne s’attend pas , en ouvrant la cello au dessus, à trouver une glace artisanale avec une chantilly super-fraîche !  C’est un peu la même chose que pour les fringues : si vous allez chez Zara acheter une chemise à vingt euros vous e vous attendez à une chemise à cinq-cents !

Propos recueillis par Paolo Bosonin et Emanuele Marzari
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mai 13, 2009 - Posted by | A LA UNE

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