Le Presse Pub

Facebook cherche sa pub

Vincent Huguet, directeur marketing et co-fondateur des sites Ooprint et Dromadaire.

Vincent Huguet, directeur marketing et co-fondateur des sites Ooprint et Dromadaire.

Le phénomène de société Facebook est aujourd’hui devenu une évidence. Mais, est-ce que ce résau social va pouvoir rentabiliser son audience et trouver un modèle publicitaire? Vincent Huguet, directeur marketing et co-fondateur des sites Ooprint et Dromadaire (marque Kisseo en Europe), répond à nos questions.

Selon vous, le modèle publicitaire de Facebook est-il efficace?

Pensons à quelques cas pratiques. Bouygues Telecom veut faire une campagne auprès des clients d’Orange ? Rien de plus simple ! Je cible sur Facebook tous les membres dont le numéro de portable commence par un 06 XX, XX étant le préfixe Orange. Bouygues Telecom sort maintenant son offre iphone et veut le faire savoir aux clients Orange ? Ciblons alors tous les membres Facebook en France qui ont installé l’application « Facebook for iphone ». Air France souhaite annoncer une nouvelle ligne low-cost entre Paris et New-York ? Pourquoi ne pas aller chercher les internautes qui habitent Paris et ont plus de 3 amis habitant à New-York ? Un nouveau restaurant ouvre aux Batignolles. Pourquoi ne pas en parler aux habitants de Paris 17ème, voire même juste ceux qui font partie du groupe « Batignolles ». Et puis bien sûr, un annonceur n’est pas forcément obligé d’aller tout le temps vers des ciblages aussi poussés. Si Nestlé souhaite faire la promotion de ses petits pots, il peut tout simplement cibler les femmes de 25 à 35 ans par exemple.

Quelle est l’avantage d’utiliser ce modèle publicitaire?

Dans toute l’histoire de la publicité, les directeurs marketing de la terre ont avant tout ciblé des personnes suivant le profil et les intérêts de leurs clients. Ce qu’il y a de particulier lorsqu’un internaute est connecté à Facebook, c’est que Facebook sait parfaitement qui est cet internaute. Non pas parce que Facebook a cherché à « qualifier » son audience, obtenant au fur et à mesure des informations à leur insu sur qui ils sont, ce qu’ils aiment, sur quels sites ou rubriques ils naviguent, mais tout simplement parce que les internautes ont donné ces informations à Facebook de leur propre chef, dans leur propre intérêt. Un profil Facebook sans âge, pays, ville, sexe, email, numéro de portable, les groupes de musique, les films ou les livres que j’aime, n’aurait qu’un intérêt limité. En plus de cela, Facebook connaît les amis de ses utilisateurs, et il est probable qu’ils aient, pour beaucoup d’entre eux, des intérêts, un style de vie, comparables.

Est-ce que s’annoncer sur Facebook est une action publicitaire effective?

Je reste à peu près convaincu que Facebook saura gérer sa transition, d’une entreprise purement technologique, il saura devenir un formidable média publicitaire. Rappelons-nous, il y a 10 ans, décollait un certain Google, changeant pour nous tous les internautes la façon de naviguer sur le web. Google n’avait pas de modèle économique jusqu’à ce que le fondateur d’un certain overture leur montre la voie. Google Adwords naissait alors quelques mois plus tard, concentrant aujourd’hui à lui seul plus de la moitié des investissements publicitaires sur Internet dans le monde. Malgré ces chiffres d’audience impressionnant, Facebook demeure un nain en terme publicitaire par rapport à Google et les autres grands portails. Beaucoup se posent même la question de savoir s’il est facile/possible de rentabiliser une audience qui a du mal à quitter sa page Facebook (donc générer un « clic ») pour aller visiter le site d’un annonceur. Les webmails ont le même problème : ils génèrent des milliards de pages vues mais n’arrivent pas bien à rentabiliser ces pages où l’internaute est « loggué », en train d’envoyer et recevoir ses e-mails.

Si on compare le modèle publicitaire de Facebook et celui de Google, quel est le plus rentable?

Google sait ce que je cherche. Facebook, lui, sait qui je suis. Ce que Google a compris il y a maintenant quelques années, c’est qu’ils allaient pouvoir monétiser un moment clé pour un annonceur : lorsqu’un client potentiel fait une recherche sur un produit, c’est à dire qu’il est dans une phase d’achat très proche. Ajoutez à cela une interface d’achat en ligne simple et automatique pour que n’importe quel annonceur puisse facilement investir 1 euro ou plusieurs millions. Proposez à l’annonceur de ne payer qu’au résultat, c’est-à-dire seulement si il y a « clic » du client sur l’annonce. Vous obtenez une entreprise dont la valeur actuelle est supérieure à celle de Toyota, premier constructeur automobile mondial, et qui se demande comment elle va investir cette année ses bénéfices 2008 de plus de 21 milliards de dollars. Maintenant, reste pour Facebook à trouver la bonne méthode de facturation, au clic ou au cpm. Le marché dans sa globalité s’oriente vers la performance et donc vers le « clic », cependant l’objectif est déjà atteint par Nestlé si sa publicité est simplement vue, comme sur les médias traditionnels.

Propos recueillis par Israel Ayala

Publicités

mars 15, 2009 - Posted by | Perspectives - web et publicité

Aucun commentaire pour l’instant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :